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L’or fait partie de ce que l’on appelle les « sept métaux », c’est-à-dire des métaux précieux connus et reconnus comme tels depuis l’antiquité et jusqu’à la renaissance. C’est le premier métal à avoir été découvert par l’être humain (-6000 Av. J.C.) et à avoir été transformé par l’homme.

Symbole de pouvoir et de richesses, l’or prit rapidement une place de choix dans les échanges commerciaux, du fait même de sa valeur et de sa rareté, et notamment sous sa forme la plus commune : la pièce d’or. Retour sur l’histoire de la pièce d’or et sur la place que tient aujourd’hui cette pièce de monnaie dans nos sociétés.

Les débuts de la pièce d’or

La pièce d’or comme nous la connaissons aujourd’hui n’apparait que très tardivement dans l’histoire, que ce soit en orient ou en occident. En effet, mis à part l’Égypte antique qui utilisa l’or dans un rôle monétaire, le métal fut, dès sa découverte, davantage utilisée pour la confection de parures ou d’objets luxueux.

Les premières frappes de pièces d’or

Alors que les plus vieux objets en or façonnés en or datent de -5000 Av. J.C., il faut attendre le règne de Croesus, en 560 Av. J.-C. (on le connait davantage dans l’imaginaire collectif sous le nom de Crésus), pour qu’une vraie émission de pièce d’or, à proprement parler, voit le jour. Les pièces frappées à cette occasion se répandirent assez rapidement sur le pourtour méditerranéen. Il convient de souligner que ces pièces prenaient la forme d’un mélange naturel d’or et d’argent appelé électrum.

On estime qu’à la même époque, l’État de Zhou en Chine frappe ses premières pièces d’or. Contrairement aux pièces de Crésus, les pièces chinoises prennent la forme de petits blocs d’or portant les inscriptions de l’État de Zhou.

En occident, l’usage de la pièce d’or se répandit largement. Elle fut utilisée en Perse sous le règne de Darius (la Darique devint même une monnaie internationale), puis fut adoptée par les Grecs et les Romains qui frappèrent leurs propres pièces d’or.

L’or : un métal noble aux propriétés inaltérable

L’or a rapidement été utilisé comme monnaie pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est un métal dit « noble » : il est inaltérable, il résiste à la corrosion et à l’oxydation et il ne peut être dissous par un acide. Pour cette raison, il traverse le temps et ne peut perdre sa valeur.

Par ailleurs, il est facilement malléable, ce qui permet d’en faire facilement des pièces d’or, et est fongible, ce qui en fait un métal avec un faible écart entre sa valeur de vente et sa valeur d’acquisition.

L’or fut particulièrement apprécié pour son rapport valeur/poids et du fait même qu’il puisse être refondu ou divisé sans pour autant perdre sa valeur. Finalement, il est presque impossible d’en réaliser des contrefaçons du fait même de sa forte densité (seul le titane possède la même densité que l’or).

Pour toutes ces raisons, de nombreuses pièces d’or antique sont arrivées jusqu’à nous. C’est ainsi que l’on a pu retrouver des Créséides (les pièces d’or de Crésus), des Dariques (la monnaie de Darius), des chouettes Athéniennes (la monnaie d’Athènes de l’époque classique).

Pièce en or frappée sous Crésus - 550 av. J.C.
Pièce en or frappée sous Crésus - 550 av. J.C.

Le déclin de la pièce d’or en tant que monnaie

La pièce d’or sera utilisée pendant très longtemps, et ce jusqu’à l’arrêt définitif de la monétisation de l’or en 1976 avec les accords de la Jamaïque. Pourtant, la pièce d’or se réservait à l’élite et ne servait que très peu aux échanges de tous les jours.

La mise en place de pièce d’argent et de cuivre

Le développement de l’Empire romain et de la Chine Qin s’accompagna d’un développement croissant de l’usage de la monnaie, et ce notamment pour payer les armées professionnelles qui officiaient en leur sein. Apparurent ainsi des pièces d’argent ou de bronze qui vinrent soutenir l’usage de la pièce d’or.

Pourtant, la chute de l’Empire romain en 476 entraina une violente récession en Europe, et la mise en place des systèmes féodaux entraina la création de nombreuses unités monétaires locales au sein de l’Europe. Seul l’Empire romain d’Orient (l’Empire byzantin) continua à user d’une véritable monnaie institutionnalisée.

De ce fait, pendant toute l’époque médiévale, la pièce d’or fut intensivement utilisée comme monnaie d’échange en Europe.

L’apparition des premiers billets de banque et la mise en retrait de la pièce d’or

Au sortir du Moyen Âge et au début de la Renaissance apparurent les premières banques, notamment à Venise, et furent créés les premiers « billets de banque ». Si les pièces d’or continuaient d’être utilisées pour les transactions commerciales, l’utilisation de ces « billets de banque » allait alors se répandre progressivement en Europe. Et pour cause : ils étaient plus transportables que les pièces d’or.

C’est ainsi que les banques vénitiennes fournissaient des « nota di banco » aux personnes entreposant des pièces d’or dans leurs locaux. Les Banques de Suède et d’Amsterdam s’inspirèrent de cette technique pour mettre en place des systèmes similaires. Les « lettres d’échange » étaient endossables (elles pouvaient être cédées à un tiers) qui pouvait alors récupérer leur valeur en pièce d’or au sein de la banque.

En France, le premier système de ce type fut celui de John Law, qui, sous le règne de Louis XV, souhaita remplacer les pièces d’or par des « billets ayant valeur d’espèces ».

Le billet de banque commença à s’utiliser en Europe et l’on considère qu’il rentrera vraiment dans les mœurs, aux dépens de la pièce d’or, à partir de la moitié du XIXe siècle.

La fin progressive de la pièce d’or

Le développement de cette nouvelle forme de paiement qui remplace peu à peu la pièce d’or ou d’argent s’accompagne de nombreuses crises. En effet, le développement d’une économie globale et l’apparition de nombreux conflits entrainent des fuites de capitaux.

Pour éviter une éventuelle perte de confiance dans la monnaie fiduciaire (les nouveaux billets de banque), les différents états mettent en place alors ce que l’on appelle l’étalon d’or. Un billet de banque possède une garantie d’échange en or, qui se trouve au sein d’une banque centrale d’un pays. La mise en place de l’étalon-or permet de justifier et pérenniser la valeur d’un billet de banque.

Les billets de banque possèdent alors une valeur faciale ou nominale : lors de l’émission du billet de banque (et donc de son impression), celui-ci possède une certaine valeur, si l’on ne tient pas compte de l’inflation (l’augmentation des prix).

Si l’étalon-or connaît ses heures de gloire à la fin du XIXe siècle et au tout début du XXe siècle, la Première Guerre mondiale et la crise de 1929 auront raison de lui. Au cours de ces deux événements de grande envergure, le commerce international se voit complètement chamboulé, et de plus en plus de pays annulent alors l’étalon-or, convertissant, de facto, leur propre monnaie en monnaie fiduciaire. La fin de l’étalon-or s’accompagna de l’interdiction temporaire de détention d’or chez les particuliers aux Etats-Unis. C’est la fin de l’utilisation de la monnaie d’or.

L’un des derniers pays à mettre fin à la convertibilité de la monnaie en or furent les États-Unis en 1976, suite aux accords de Jamaïque.

Pièce en or 20 $ Double Eagle - 1849
Pièce en or 20 $ Double Eagle - 1849

La pièce d’or aujourd’hui : à offrir ou pour investir

Aujourd’hui, la pièce d’or a perdu toute valeur en tant que monnaie fiduciaire. Il vous sera impossible de payer vos courses au supermarché avec une pièce d’or ! Pourtant, cela ne signifie pas que la pièce d’or a perdu de sa valeur. Bien au contraire.

Les traditions entourant le don de pièces d’or

La pièce d’or tient une place de choix dans les traditions européennes. En France ou en Allemagne, la pièce d’or fait partie de ce que l’on appelle les « bas de laine », ces économies non placées à la banque et cachées pour faire face aux « coups durs ».

En Suède, la pièce d’or fait partie intégrante des cérémonies de mariages. La coutume veut que la mariée glisse une pièce d’or dans sa chaussure pour assurer richesse et pérennité financière au couple nouvellement marié.

En Chine ou en Inde, une pièce d’or est couramment offerte aux jeunes hommes ayant gagné des compétitions. On considère d’ailleurs que l’Inde est le pays possédant la plus grande quantité d’or en libre circulation aux mains des particuliers et au sein des temples (près de 20 000 tonnes d’or).

De ce fait, la pièce d’or peut avoir une valeur sentimentale, d’où le fait que de nombreuses familles se transmettent de génération en génération une ou plusieurs pièces d’or (qui date généralement de Napoléon ou du Second Empire, pour ce qui est de le l’Hexagone).

La pièce d’or : un véritable investissement

La pièce en or se révèle être également un excellent investissement. Et pour cause, sa valeur ne fait qu’augmenter, du fait même que les États sont toujours dans une logique d’acquisition d’or pour leur banque centrale (par exemple, la banque centrale chinoise souhaite détenir 5000 tonnes d’or alors qu’elle n’en possède que 2000 tonnes à l’heure actuelle).

Pour cette raison, l’acquisition de pièces d’or permet de réaliser une plus-value assez importante. En dix ans, son prix a augmenté de 22 % : elle se révèle particulièrement intéressante à l’heure de traverser les crises.

Ainsi, la pièce d’or se révèle être un objet qui a su traverser les âges. On retrouve toujours aujourd’hui des pièces d’or datant de l’antiquité au cours de fouilles archéologiques. Cette monnaie a accompagné l’être humain dans son développement économique. Aujourd’hui, on la retrouve davantage au sein de collections, comme un investissement ou au sein de traditions culturelles plus complexes.

Pièce en or Marianne Coq - 1904
Pièce en or Marianne Coq - 1904

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