L'or, de plus en plus convoité par les banques centrales

Le 08/06/2021 par Morgane dans Tendances de l'or

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Depuis le début de la pandémie mondiale de Covid-19 au début de l’année 2020, le cours du métal jaune a atteint des sommets jamais égalés. En effet, le cours de l’once avait franchi la barre des 2000 dollars en août de l’année dernière. Valeur refuge par excellence, le cours de l’or est fréquemment sujet à de tels soubresauts en période d’incertitudes.

Dans cet article, nous expliquons l’intérêt dont fait l’objet le métal jaune lors des crises, les facteurs qui déterminent les variations de son cours. Il s’agira également d’expliquer comment les États et les institutions financières utilisent leur stock d’or pour orienter leur politique économique.

Rôles des banques centrales et du FMI

Une banque centrale a pour rôle essentiel de piloter la politique économique d’un pays ou d’un groupe de pays. Pour cela, elle dispose de plusieurs leviers, dont les taux directeurs et la masse de monnaie en circulation dans le pays (masse monétaire). La banque centrale a également pour rôle de garantir sa monnaie. Historiquement, les banques centrales stockaient de l’or à l’époque où les principales monnaies étaient encore convertibles en or. Dès 1944, les accords de Bretton Woods permettent d’évaluer le dollar en fonction de l’or, et définit la monnaie américaine comme seule à pouvoir être convertie en or physique. Après la fin de ce système de convertibilité en or dans les années 70, plusieurs banques centrales dont celles d’Angleterre et de France optent alors pour la vente d’une partie de leur stock d’or.

Cependant, malgré la fin des accords de Bretton Woods et le système d’étalon-or, les pays ont encore maintes raisons non seulement de ne pas revendre leur stock d’or mais en plus d’en acheter davantage. D’une part, pour des raisons de crédibilité vis-à-vis de leurs créanciers et pour se prémunir d’une baisse des actifs et titres de créances des pays débiteurs. D’autre part, pour des questions d’hégémonie géopolitique. Les États achètent de l’or en particulier lors des périodes de crises comme celle que nous avons vécu au cours de la pandémie de Covid-19 (baisse des cours, des taux d’intérêt…).

Quant au FMI, son rôle central est de veiller au bon fonctionnement du système monétaire international (SMI) et d’en prévenir les crises.

L’or reste aujourd’hui, la valeur refuge par excellence. Les plus gros détenteurs de stocks d’or sont respectivement les États-Unis, l’Allemagne, le FMI, l’Italie et la France. Cependant, les pays émergents (Chine, Russie, Turquie) tous unis dans un front commun pour réduire l’influence du dollar dans les échanges internationaux se sont aussi lancés depuis quelques années dans une course au renforcement de leur stock d’or.

Les raisons d’un regain d’intérêt pour l’or

Les périodes de crises économiques sont propices à des achats massifs d’or par les États. Ces acquisitions effrénées se justifient par la psychose ayant cours sur les marchés financiers et la chute du marché des actions, de la dette et de nombres de matières premières. Ce fut le cas aux temps forts de la pandémie du Covid-19 en 2020 avec un cours du brut inférieur à 10 dollars le baril, voire négatif. Une autre raison en est la chute des taux sur le marché de la dette. Une donne qui pénalise surtout les créanciers qui se voient rembourser parfois moins que le capital initial. En effet, aux temps forts de la crise actuelle, les taux sont tombés sous la barre de zéro.

Dans de telles situations, l’or reste plus que jamais la valeur qui sécurise au mieux les avoirs notamment les créances détenues en monnaies étrangères. C’est la principale raison pour laquelle un pays comme la Chine qui détient plus de 500 milliards de dollars de bons de trésor américains gagnerait à renforcer son stock d’or. D’une part, pour se prémunir d’une baisse des taux et du cours du dollar. D’autre part, pour se protéger au pire, d’un défaut de son débiteur. Par ailleurs, l’or en plus d’offrir une sécurité à son détenteur lui offre également une rare liquidité notamment en temps de crise. Enfin, tout naturellement l’or permet de réaliser des plus-values intéressantes en cas de vente. Pour exemple, l’or a en moyenne généré à ses détenteurs une plus-value de 10% depuis 1971.

Ces dernières années, les plus gros acheteurs d'or sont la Russie, la Chine, l'Inde et la Turquie.

Haro sur l’or : des statistiques impressionnantes

Hormis les raisons évoquées plus haut, les banques centrales achètent ou vendent de l’or pour orienter leur politique économique selon la conjoncture (taux d’intérêt, politique d’investissement, crise de la dette souveraine…). Mais l’or est également un véritable outil de géopolitique.

En effet, nombre de pays, en particulier les pays émergents affichent de plus en plus une volonté de s’affranchir de l’hégémonie du dollar. Une fois encore l’or est l’actif idéal pour s’imposer sur les marchés internationaux. La Turquie est ainsi devenue le plus grand acheteur d’or en 2020 avec 667 tonnes d’or, dépassant ainsi la Russie. Cette dernière a quant à elle davantage exporté de l’or qu’elle n’en a racheté. En effet, pour la première de son histoire, la Russie, troisième exportateur d’or au monde et par ailleurs premier exportateur de gaz, a exporté plus d’or que de gaz en 2020. Ses exportations d’or s’estimaient à 343,54 tonnes d’or en 2019 contre 314,42 un an plus tôt.

Enfin, la Chine quand bien même elle communique peu sur ses opérations sur l’or reste largement sur une position acheteuse. L’empire du milieu avait annoncé des besoins d’acquisition de 3850 tonnes d’or en 2020. Son stock d’or s’estimait alors à 1948 tonnes. Cependant, le plus gros détenteur d’or reste les États-Unis (environ 9000 tonnes d’or début 2020).

Avec la crise actuelle qui perdure, la pression reste forte sur l’or dont le cours continuera de grimper de l’avis de nombreux analystes.

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